_caracterologie_

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Gerard Heymans est le fondateur de la caractérologie

Plus de dix ans après ma petite investigation universitaire, il me plaît de revenir sur ce qui reste à mes yeux un très beau domaine de méditation et de considération.

« A quoi sert de blâmer la caractérologie si nous ne pouvons vivre sans en faire ? », demandait déjà l’auteur du Traité[1]. Or, rien à ma connaissance dans le paysage de la psychologie actuelle ne remplace ce que cette « drôle de science » s’était proposé de faire il y a presque cent ans[2] : tenter de mettre un peu d’ordre et de compréhension dans ce qui distingue nos façons d’être (supposées naturelles), aux uns et aux autres[3].

L’ambition de C[4] était de nous permettre de mesurer la distance qui sépare notre psychologie de celle d’autrui. N’y avait-il pas là un programme, une promesse, tout à fait prodigieux ? On comprend que je puisse y revenir des années après, sans qu’il s’agisse forcément d’une simple lubie.

D’autant que s’y joint un autre argument. On croit, fort généreusement, que la caractérologie serait tombée dans l’oubli parce qu’elle aurait été « dépassée » par d'autres sciences aux procédés plus « rigoureux », etc. Or, le modèle épistémique de C est le même que celui qui supporte aujourd’hui la psychologie de la personnalité[5], science florissante dans le monde anglo-saxon.

Il y a donc quelque chose comme une énigme de la disparition de C, que les petites pensées regroupées ici ont pour vocation de contribuer à éclairer.



[1] Le Traité de caractérologie de René Le Senne (PUF, 1946), libre de droits et téléchargeable

[2] Le Traité date de 1946 (tout comme le Traité du caractère de Mounier) mais le mouvement de reprise de la pensée autour de la caractérologie remonte à la fin du XIXe siècle (voir Traité, Documentation, IV)

[3] C’est un peu l’objet de ce site que de démontrer que C aurait largement sa place dans le paysage de la psychologie actuelle.

[4] Abréviation de "Caractérologie" dans ce site. Cette définition est la définition même de la psychologie différentielle, même si on ne le formule pas comme cela dans l’idiome techno-universitaire actuel.

[5] Difficile de pointer vers la page Wikipédia française, qui fait vraiment peau de chagrin.